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Kalakuta productions : une association qui organise des soirées et concerts dans le centre ville de Toulouse
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Lundi 03 Mars 2008

Chronique politique de l'émission MixUp diffusée le dimanche 2 mars entre 10h30 et 12h00, et que vous pouvez écouter en ligne sur la page radio de kalakuta.

La laïcité est quelque chose de très important, et ce concept a un point commun avec la démocratie, ce n'est jamais complètement acquis, il faut lutter pour la garder et faire attention au dérapages.

La séparation de l'église et de l'état est en France très bien encadré par une loi qui date de 1905. Pour les français qui sont nés après cette date - c'est à dire pour au moins la moitié d'entre vous chères lectrices, chers lecteurs – pour ceux là donc la laïcité est quelque chose de normal. N'allez pas plus loin qu'en Espagne et vous verrez que l'on n'est pas tous égaux devant ce concept, même si on note des progrès récents avec le gouvernement Zapatero. Dans le monde beaucoup de signes le montrent, le fait religieux et malheureusement son excès, l'intégrisme, prennent beaucoup plus de place que dans les décennies précédentes, je parle autant d'ailleurs de l'occident chrétien avec par exemple les Etats-Unis que de républiques islamiques.

En France, patrie de la laïcité donc (on parle dans le monde de « laïcité à la française ») de récentes prises de position du président de la république française me semblent très inquiétantes. Ses prises de position personnelles ne m'intéressent et bien sûr ne me gênent pas, mais de part sa position il nous représente, et là ça coince un peu plus.

Il est très difficile de déceler les convictions intimes du petit Nicolas tant il change de discours en fonction de l'interlocuteur : Nicolas en Algérie ? Islamophobie sucrée de rigueur. Nicolas avec Tom Cruise ? Tolérance envers les sectes au menu. Et il y a eu Nicolas au Vatican, à Riyad puis au CRIF.

A Riyad il s'est fait obséquieux avec Dieu et le régime du rio Abdallah, dans un style bien lourdingue du genre – c'est le président de la république qui parle, vous retrouverez l'intégralité du discours ici):

« Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le coeur de chaque homme. Dieu qui n'asservit pas l'homme mais qui le libère. Dieu qui est le rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes. »

Il est vrai qu'au niveau orgueil démesuré le petit Nicolas a bien besoin de rempart... D'autre part pour lui la politique du roi Abdallah « oeuvre pour l'islam ouvert, qui se souvient des siècles où il était le symbole de l'ouverture d'esprit et de la tolérance. » Pourtant, dans le pays arabe le plus conservateur et le plus stricte au niveau religieux, le petit Nicolas avait oublié de promener sa Carla, en effet il aurait été obligé de la voiler de la tête aux pieds, ce qui enlève du coup tout intérêt à sa présence. Il n'aurait pas pu lui filer les clés de la limousine pour faire une virée dans les rues de Riyad, les femmes n'ont pas le droit de conduire là-bas. Au moins avec tous ces gardes du corps elle aurait eu peu de chance de se faire violée, heureusement pour elle car la peine encourue par les femmes violée en Arabie Saoudite est 200 coups de fouet (voir aussi cette anecdote). Je me demande s'il n'y a pas des intérêts économiques derrière ce discours.

Bref, auparavant nous avons eu Nicolas au Vatican. Passons déjà sur son bon goût d'y emmener Jean-Marie Bigart. Dans son discours à Latran (discours intégral ici) il ne parle pas au nom des français, ni des seuls chrétiens, ni même au nom des catholiques de France, mais au nom d'une sensibilité catholique traditionaliste qu'il assume comme la sienne... et par voie de conséquence comme la nôtre. Il remet à l'honneur la France « fille ainée de l'église », insistant bien sur les racines uniquement chrétiennes de notre pays. Dans la suite, il fait une confusion flagrante entre non croyance et absence de questionnement métaphysique. En fait pour lui, les personnes qui se posent des questions sur le sens de la vie et ce qu'il se passe après la mort croient forcément en un dieu. Il n'y aurait donc pas de métaphysique athée, pas de spiritualité sans religion. On perçoit bien ici qu'il trouve des réponses à ses questions sur le sens de la vie grâce à l'adhésion à une foi partagée avec d'autres au sein d'une religion. Mais, n'omet-il pas les personnes qui souhaitent, notamment au contact de l'art, se poser les bonnes questions (déjà) et de trouver ses propres réponses, en soi ; ou de ne pas les trouver d'ailleurs, car toutes les réponses à nos questions métaphysiques doivent-elles forcément exister ? Ne peut-on laisser une place au mystère, générateur de liberté, à la place de la croyance à tout pris, génératrice d'engoncement dans des vérités acquises et éternelles ?

On avait pu remarquer le manque d'appétence du petit Nicolas pour l'art et la question philosophique quand, lors de la campagne présidentielle, il avait eu un entretien avec le philosophe M.Onfray et lui avait déclaré qu'il trouvait ridicule le « connais toi toi-même » cher à Socrate et à Montaigne. On comprend ainsi aisément que cet homme ne cherche pas à trouver des réponses à ses questions en lui, mais qu'il les cherche dans le dogme religieux, ce qui je le pense d'ailleurs n'est pas le cas de tous les croyants.

Quand à sa prestation au CRIF, le conseil représentatif des institutions juives de France, il a notamment déclaré :

« Le drame du XXème siècle n'est pas né d'un excès de l'idée de Dieu, mais de sa redoutable absence. Si les religions sont impuissantes à préserver les hommes de la haine et de la barbarie, le monde sans dieu, que le nazisme et le communisme ont cherché à bâtir, ne s'est pas révélé tellement préférable. »

Je vous laisse méditer sur ces paroles que je qualifierai rapidement d'imbécile. Au passage il confont le communisme, qui est une théorie, avec le Stalinisme, qui est une manière de le mettre en pratique.

Je finirais en en vous rappelant que le pape a récemment remis au gout du jour la messe latin, peut-être pour nous montrer son progressisme, je ne sais pas. Il a peut-être raison au fond papy, la messe en français on comprend les paroles, alors que la messe en latin met un peu de mystère, d'ésotérisme, de sacré, ça fait plus beau, car comme disait Brassens, "la messe sans le latin, ça nous emmerde".

Tony

publié par kalakutaprod dans: kalakutaprod
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