C’est drôle comme ce début de siècle ressemble de plus en plus au dix-neuvième. Le 21ème siècle, c'est le 19ème plus la pub.
Le travail est replacé au centre de la société par tous les partis politiques (exceptés peut-être les Verts, si si ils bougent encore), les syndicats, et bien entendu les chiens de garde médiatiques nourris aux croquettes présidentielles.
Le travail comme solution à tous nos problèmes de consommateurs frustrés par notre propre consommation,
Le travail libérateur (propagande héritée des nazis, rappelons-le),
Le travail comme pilier de la société (avec la famille et la patrie, on reste à la même époque),
Le travail comme horizon indépassable…
De plus en plus rares sont ceux qui comme par exemple Pierre Carles (voir Attention Danger Travail et Volem Rien Foutre al Païs) essaient de montrer autre chose que ce modèle laborieux judéo-chrétien. Et encore plus rares sont ceux qui s’y essaient vraiment. Mais ils existent ! Et ils y arrivent !
Et il est pourtant de plus en plus vital d’affirmer son opposition à cette dictature du travail. Revendiquer notre Droit à la Paresse (Paul Laffargue). Travailler pour vivre n’est pas vivre pour travailler. Pourquoi la tendance est-elle à l’augmentation du temps de travail alors que les richesses s’accumulent et que les machines sont de plus en plus performantes et autonomes ?
Parce que nos besoins factices (forme erronée et archaïque du désir) suivent une courbe ascendante, parce que la consommation est ce qui maintient ce faux système en vie, quitte à transformer la planète en poubelle géante.
Travailler moins c’est avoir du temps libre. Reste à chacun à se trouver autre chose à faire que consommer pendant ce temps libre. Lire, écouter de la musique, faire l’amour, voyager, faire pousser des carottes, échanger, danser, réfléchir, dormir…les possibilités sont aussi infinies que nos connexions neuronales.
Le temps libre, c’est la principale différence entre l’homme et l’animal.
L’animal, en nous voyant faire la queue chez Ikéa le samedi après-midi, doit bien se marrer.
Proverbe napolitain cité par Don Pasta : « Quand tu as un travail, tu manges. Quand tu n’as pas de travail, tu manges. Et tu bois. »
A la vôtre !
Guillermo Martinez
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