Jusqu’où iront-ils ?
Jusqu’à la nausée, j’espère.
Ca y est, les tests ADN pratiqués sur les demandeurs de visa ont été validés par le Sénat. Censés empêcher la fraude au regroupement familial, cette pratique n’est juridiquement valable (selon le Code civil) que si l’on considère que l’immigré est un délinquant. Eh bien ça y est, c’est fait, et pas un pavé n’est venu éclater la tronche d’un CRS, pas un cocktail Molotov n’est venu cramer la bagnole du voisin, pas un défilé n’a rallié République à La Bastille pour s’élever contre des lois sur l’immigration de plus en plus racistes et fascisantes.
Il est vrai que la stigmatisation de l’Etranger est un remède vieux comme le monde pour nous faire oublier que c'est la société dans son ensemble qui est victime des lois scélérates actuellement mises en place.
Comme cette franchise médicale de 50 centimes que tout le monde, riches et pauvres, jeunes et vieux, devront payer pour combler le trou de la Sécu creusé par les médecins prescrivant du médicament à la chaîne, par les laboratoires pharmaceutiques, par des conditions de travail et de stress de plus en plus insupportables, par un environnement de plus en plus pollué, etc.
Comme ce Malodor (l'Odeur) ou ces boîtiers à ultrasons (le Bruit) mis en place pour éloigner les jeunes désœuvrés ou les SDF, nouveaux outils d’un urbanisme moderne qui depuis 50 ans est le bras armé du capitalisme. On avait déjà eu les bancs à accoudoir central (pour qu’on ne puisse pas s’y allonger), les fontaines qui débordent (pour qu’on ne puisse pas s’y asseoir), les arrêtés anti-mendicité et anti-bivouac, les batteries de caméras implantées un peu partout…l’arsenal répressif des urbanistes est sans fin.
La répression urbanistique ne se manifeste d’ailleurs pas que de manière négative, on la constate également dans la transformation des villes en musées / supermarchés. Le citadin n’est plus (ou ne sera bientôt plus) un usager de la ville, libre et anonyme, c’est un être hybride, entre touriste et consommateur. Etre touriste dans sa propre ville et s’y déplacer comme entre les rayons d’un supermarché, voilà le sens profond de la conservation forcenée du patrimoine (le Conservatoire Occitan, le ravalement et l’éclairage des façades), des rues piétonnes aseptisées (la rue Alsace Lorraine, la place Wilson) où l’on peut tranquillement acheter son jean slim à 100 euros sans se faire écraser ou être importuné par des mendiants, de l’omniprésence policière, de la surveillance vidéo, du cantonnement de la vie nocturne dans des lieux ultra surveillés et ultra chiants (la place Saint Pierre) et la répression envers toute nuisance sonore qui sort du cadre.
Personne ne s’élève contre les nuisances du village de la Coupe du monde de rugby, véritable Cause Nationale, mais au même endroit (la Prairie des Filtres), il est interdit de jouer du djembé, le festival Rio Loco est contraint de mettre le son en sourdine et de fermer ses portes de plus en plus tôt, et on parle de transformer la Prairie en parc comme les autres, c’est-à-dire grillagé et fermé la nuit.
Guillermo Martinez
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