Je pourrais faire le compliment à des musiciens français aussi, comme par exemple le Tigre des platanes, qui était hier au Mandala à Toulouse. Ces musiciens justement se font un plaisir de revisiter des morceaux d'afrobeat ou de jazz-funk éthiopien ; le résultat est étonant voire détonant !

Les structures originales sont souvent très détournées (notamment une composition de Fela Kuti complètement dévissée), les envolées finales toujours acharnées ! Jeu de batterie prolixe et très énergique (Fabien Duscombs), basse acoustique lancinante et puissante (Mathieu Sourisseau), sax (Marc Démereau) et trompette (Piero Pépin) naviguant sur les thèmes éthiopiens et partant dans des chorus bien déjantés, bruitages diverses et même chant via un micro sonnant comme un vieux mégaphone.
Sinon le répertoire est superbe, quand on entend un morceau comme Muziqawi silt, un classique du jazz-funk éthiopien des années 70, on ne peut que tomber sous le charme - vous pouvez écouter ce morceau dans l'émission mix up du 17 septembre. Du très bon, le public du Mandala était enchanté, merci messieurs !
Nous avions aussi beaucoup aimé leur prestation avec la chanteuse éthiopienne Eténèsh Wassié. A voir absolument...
Victor
L'afrobeat continue de faire parler de lui actuellement, qui s'en plaindrait ? Surtout pas nous.
Deux concerts d'afrobeat en une semaine à Toulouse, c'est un signe de bonne santé.
Ce mouvement musical est né du côté du Nigéria, du Ghana, du Bénin, et se caractérise par un mélange de musique africaine (le highlife et le juju notamment) et de groove soul-funk-jazz 70's, le tout dans un contexte de lutte sociale. L’afrobeat, ce groove unique, cette frénésie lancinante et puissante à la fois, mix d’Afrique et d’Occident, de joie et de colère…
Cape Coast au Ghana
Incroyable comme en Afrique les musiciens réussissent à s'inspirer d'une musique venue d'ailleurs sans perdre leur naturel, leur identité. On peut le constater aussi par exemple avec la rumba congolaise, ou comment prendre des rythmes géniaux de la rumba, de la samba d'Amérique latine et rajouter sa sauce pour concocter un groove incroyable à l'écoute duquel il est impossible de ne pas danser - pour vous en convaincre allez donc écouter des émissions mix up ici, expliquer la musique c'est chiant, mieux vaut l'écouter.
Dimanche Seun Kuti est venu à Toulouse, c'est le plus jeune fils du black president Fela, il était avec les Egypts 80, l'un des groupes du papa. Forcément du très très bon, beaucoup font partie des inventeurs du genre.
Fanga
Mercredi les jeunes de Zingabe et les darrons de Fanga - que nous avions eu en concert à kalakuta en 2006 - le groove y était et la mayonnaise a bien pris, c'est habituel maintenant pour Fanga qui commence à être reconnu, notamment pour ses prestations en public.
Vivement un festival afrobeat à Toulouse, car la vague n'est pas prête de s'arrêter, et les évolutions potentielles sont innombrables.
Pour ceux qui en doutaient encore, nous avons réuni des preuves matérielles indiscutables des bienfaits des soirées Kalakuta, à la fois sur votre bonne humeur, mais aussi sur vos cheveux.
AVANT :

APRES :

Participer à une soirée Kalakuta est bon pour la santé de votre sytème capillaire et zygomatique. Ce n'est pas encore remboursé par la Sécu mais on y travaille.
Prochaines soirées les 4 et 14 décembre, on vous tient au courant !
Petites précisions quant aux horaires de la soirée de samedi :
Ouverture des portes à 22 heures.
Partido Bom : 23h15 - 0h15
Trafico : 0h45 - 02h30
Kalakuta Selectors : 02h45 - 05h00
Tout d'abord l'ouverture de la "Cité nationale de l'histoire de l'immigration", projet bien antérieur à cette polémique sur les tests ADN, et qui a ouvert ses portes justement en plein tumulte. Ce projet avait déjà connu des remous, notamment à l'annonce de l'intitulé même du ministère de Brice Pot-Au-Feu : l'historien Gérard Noiriel et sept autres chercheurs avaient démissionné en mai dernier des instances dirigeantes de l'établissement pour protester contre cet intitulé qui oppose identité nationale à immigration. Cet établissement a pour mission de "changer le regard contemporain sur l'immigration", et se propose notamment de relever le défi "de faire admettre comme patrimoine commun ce phénomène indissociable de la construction de la France qu’est l’histoire de l’immigration. Cette reconnaissance de la place des étrangers dans l’Histoire commune nécessite un travail symbolique, sur ce qui définit le patrimoine commun et la culture légitime." Ceci est un projet à long terme, et je trouve tout à fait positif le fait qu'un établissement comme celui-ci existe.
Plus précisément sur les tests ADN, une résistance s'est construite à l'initiative de Charlie Hebdo et SOS racisme, et ça fait du bien aussi : un meeting s'est déroulé dimanche 14 octobre au zénith de Paris pour protester contre cet amendement. Sans rentrer dans les détails d'éventuelle récupération politique par certains, je trouve cette initiative bienvenue. A noter que des UMP comme F. Goulard y étaient, signe d'ouverture !
Bref, nous ne sommes pas seuls dans l'acceptation du fait que l'immigration est nécessaire d'un point de vue démographique, qu'elle est enrichissante pour le peuple français, et que cela doit continuer sans ces mesures humiliantes que l'on concocte pour les candidats à l'immigration.


