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Samedi 05 Avril 2008
Manifestation à l'appel du Réseau Education Sans Frontière contre la politique d'immigration française actuelle, pour que la France redevienne un pays des droits de l'homme (point de vue argumenté dans le post précédent).

La manifestation à Toulouse. Nous étions 5000 selon les organisateurs, 20 selon la police.
Moi je dirais en gros que nous étions 500...


Tony
publié par kalakutaprod dans: kalakutaprod
Jeudi 03 Avril 2008

Chronique et revue de presse sur la politique d'immigration en France.

On a assisté avec l'arrivée de l'actuel président de la république et la création du ministère de l'immigration et de l'identité nationale à un net durcissement de la politique d'immigration en France ; net durcissement, c'est un euphémisme. A ce sujet je voudrais revenir sur la réalité des chiffres de

cette immigration en France : à écouter ces politiques, on a l'impression que beaucoup d'immigrés entrent en France, ce n'est pas vrai. On a aussi l'impression à travers leurs discours que ces immigrés sont souvent pauvres et illettrés, qu'ils vivent à la botte de la France, ce n'est pas vrai. Rappelons aussi l'aspect humain des choses : certain ont apparemment tendance à l'oublier, mais avec l'immigration nous parlons d'hommes et de femmes, qui ont une histoire, une sensibilité, bref qui ne sont pas que des chiffres.

En 1er lieu donc, sur un plan purement économique et chiffré, on voit que le discours sur l’immigration, objet de fantasmes et de contre vérités, est la propriété quasi exclusive des politiciens prompts à créer sur le sujet des peurs collectives. Le 8 novembre 2007, Brice Hortefeux déclare:

"La France a déjà accueilli, au cours des dernières décennies, le plus grand nombre d’étrangers: jusqu’à 400 000 par an dans les années 1960-70."
Mais il omet de dire que les vannes sont fermées depuis trente ans à l’immigration de travail salarié. Dans son article "Cinq idées reçues sur l’immigration", le directeur de l’Institut national des études démographiques précise :
"Le solde migratoire [annuel] est estimé à 65 000 personnes […] ce qui laisse la France dans les derniers pays d’Europe par l’importance de l’immigration".

Frédrique Lemaître dans un article du Monde très instructif intitulé « L'immigration, inévitable, indispensable », précise : « Aujourd'hui, officiellement, la politique de Nicolas Sarkozy et de Brice Hortefeux présente une double caractéristique : d'un côté, on expulse massivement - et avec objectifs chiffrés à la clé - des clandestins. De l'autre, on accueille - voire on régularise - au cas par cas et sans indiquer de chiffres en fonction des besoins de l'économie. C'est le principe de l'immigration choisie, tel que défini par la France. La réalité est plus complexe : environ 200 000 étrangers entrent chaque année en France et environ 100 000 la quittent. Néanmoins, il suffit de voir comment les étrangers, surtout lorsqu'ils ne sont pas blancs, sont accueillis par la police à Roissy pour comprendre qu'ils ne sont pas les bienvenus, y compris lorsqu'ils ont un portefeuille bien garni.

Serait-ce à dire qu'il y a trop d'immigrés en France ? Tout laisse pourtant penser l'inverse. La France compte moins d'immigrés de fraîche date que la plupart des autres pays. En Australie, près du quart des habitants sont nés à l'étranger. Près d'un Canadien sur cinq est dans ce cas, tout comme 13 % des Allemands, 13 % des Américains, plus de 10 % des Irlandais, et près de 10 % des Britanniques. En revanche, ce chiffre tombe à 8,1 % en France. Comme le constate Guillaume Duval dans son livre Sommes-nous des paresseux ? (Seuil, 226 p., 15 €), "la France est le pays riche qui, en dehors du Japon, a maintenu ses frontières le plus hermétiquement closes depuis 1995 : le poids des immigrés dans la population a augmenté depuis lors 6,5 fois plus en Espagne qu'en France, 4,9 fois plus aux Etats-Unis, 3,6 fois plus au Royaume-Uni, 1,8 fois plus en Allemagne..." »

Voilà donc pour les chiffres des entrées et des sorties. On voit donc bien une énorme différence entre le discours des politiques, à travers lesquels on a vraiment l'impression d'accueillir énormément d'immigrés, et la réalité de ces chiffres.

D'autre part, sur le plan économique, peut-on affirmer que l'immigration coûte de l'argent à la France ? Que les emplois sont volés aux Français ?

On peut voir que les immigrés contribuent à la fois à l'offre de travail et à la demande de biens et de services. "En Espagne, aux Etats-Unis, en Irlande et en Grande-Bretagne, une partie de la croissance s'explique par l'augmentation de la population", estime Lionel Fontagne, professeur d'économie à l'université Paris-I. Ce que confirme l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), même si ses experts jugent qu'"en général, l'immigration accompagne la croissance plus qu'elle ne la provoque".

Autre question et c'est lié, peut-on dire que nous accueillons des pauvres et des déshérités qui vont vivre à la botte de la société française ?

Toujours dans l'article de Frédérique Lemaître, « il n'y a pas que les pauvres qui veulent émigrer. Quitter son pays coûte cher. C'est risqué. Psychologiquement voire physiquement. Souvent, seuls les plus qualifiés osent se lancer. "Depuis 1992, 40 % des flux d'immigrés en France ont au moins un bac + 2. A Sangatte, on a constaté que 60 % des réfugiés étaient titulaires d'un bac + 4", explique El Mouhoub Mouhoud, professeur à Paris-Dauphine. Pour ce spécialiste, le concept d'immigration sélective n'est pas opérationnel. "On dit qu'il y a en France 7 % d'immigration économique. Le reste, 93 %, serait constitué d'épouses et d'enfants, de demandeurs d'asile ou d'étudiants. Mais ça n'a pas de sens car, très vite, la plupart de ces gens cherchent à leur tour du travail." »

On s'aperçoit donc bien que la politique d'immigration en France est guidée par des arguments purement idéologiques et électoralistes ; et oui, maintenant que le front national a été atomisé lors des dernières élections, il faut bien garder cet électorat d'extrême droite durement conquis.

Une récente étude européenne présentée le 17 mars dernier à Paris souligne la sévérité de la France en matière de politique d'immigration : on peut lire que « La France possède l'une des législation les plus restrictive concernant le regroupement familial, les droits électoraux ou l'accès au marché du travail pour les migrants ; et ce travail a été effectué sur les données de 25 pays de l'Union Européenne et de 3 autres pays (Canada, Suisse, Norvège).Cette situation est notamment due à la loi sur le Code d'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de juillet 2006. »

Le nombre des expulsés (25000), c'est le seul et unique objectif fixé par le président français à son ministre de l'immigration, aussi je pense que l'on peut maintenant arrêter de parler de la France comme le pays des droits de l'homme, vu comment sont traités ici les immigrés, comment ils sont expulsés, comment ils sont pourchassés, comment ils sont stigmatisés.

Combien d'histoires affreuses avons-nous entendu sur des traques, des expulsions ? On ne les compte plus. Maintenant en France, les flics attendent les parents d'élèves à la sortie des écoles, arraisonnent des personnes soupçonnées d'être sans-papiers devant leurs enfants.

Dans le journal Charlie Hebdo est apparu une nouvelle chronique hebdomadaire : l'expulsé de la semaine. Un exemple parmi tant d'autres ?

« Mickaël, 16 mois, 17 jours de prison »

Le lundi 11 février à 8h, Mme Bekay et son fils Mickaël, 16 mois, sont surpris dans leur sommeil par la police. Elle a juste le temps d'envoyer un SMS à son conjoint, Michel – en France depuis 17 ans – qui est déjà au boulot. Direction la gendarmerie, son bébé sous le bras. Le soir même, mère et bambin sont placés en rétention à Rennes, après un long voyage. Mickaël n'a alors toujours pas mangé ni été changé. Mardi, Michel fait 3h1/2 de route pour leur apporter quelques affaires de toilette et de quoi se changer. Mercredi, le juge des libertés met fin à la rétention, mais le procureur fait appel. Jeudi, la rétention est prolongée de 15 jours. Mickaël vit évidemment très mal l'enfermement, : il dort et mange très peu. Le 27 février, expulsion prévue vers la République Démocratique du Congo. Michel faxe à la police de l'air et des frontières et à la préfecture le refus de sortir du territoire pour son fils, afin de le protéger. Au moment du transfert vers Roissy, à 3h du matin, Mme Bekay refuse de sortir de sa cellule. Ils seront finalement libérés après un 2ème passage devant le juge. Le bilan est sans appel pour le bébé : Mickaël, qui n'a pas pu voir de pédiatre, est traumatisé, pleure et s'agite en permanence, et il a perdu 2 kg. Michel a demandé un certificat au médecin du centre de rétention, mais le préfet a refusé sa communication.

Voilà comment on traite les immigrés en France.

D'autre part, Mrs Sarkozy et Hortefeux veulent mettre en place une politique de quotas pour l'immigration (sélectionner les candidats à l'immigration en fonction de leur pays d'origine), simplement il faudrait modifier la consitution française qui reconnaît l'égalité entre les hommes, point qui ne serait plus d'actualité avec cette politique de quota.

J'arrêterais ici, ce serait trop long de parler de tous les points qui me révoltent.

Heureusement des gens en France militent sur ces sujets, particulièrement Réseau Education Sans Frontières (RESF). Et je voudrai pour finir, relayer un appel de RESF à manifester le samedi 5 avril 2008, dans toute la France et notamment à Toulouse. Par cette manifestation, nous demanderons
l'arrêt des expulsions et de l'enfermement des sans papiers et la suppression du ministère de l'immigration et de l'identité nationale. RESF souligne qu'alors que la France s’apprête à prendre la présidence européenne, on peut craindre un renforcement des mesures répressives aux portes de l’Europe et en son sein. Il devient plus que jamais urgent de renforcer la mobilisation.

Voilà, c'est donc le samedi 5 avril 2008, rendez vous 10h30 Place du capitole, et à 14h30 place d'Italie à Paris, vous retrouverez toutes les infos sur le site web de RESF www.educationsansfrantieres.org

Tony

Article de Frédérique Lemaitre

Autre article du monde sur le sujet : Le président, les sans-papiers et les valeurs

publié par kalakutaprod dans: kalakutaprod
Lundi 31 Mars 2008

Peut-être avez vous vu fleurir ces affiches un peu partout dans la ville, les Airs Solidaires rassemblent pas mal de monde depuis quelques jours! Le concept en quelques mots, c'est plusieurs associations qui se réunissent pour faire naître des concerts, des débats, des conférences, en ville et dans les facs pour parler d'humanitaire, d'économie solidaire et de culture. Le mieux pour vous est d'aller visiter leur site pour vous faire une idée plus complète. Précisons quand même que le but est de développer un évènement pérenne, et qu'un grand concert de clôture a lieu ce mercredi (2 avril) au Bikini réunissant tous les acteurs du projet.  

Ha, un dernier mot encore: les Kalakuta Selectors seront de la partie pour faire groover un peu cette salle de rockers!

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Vendredi 28 Mars 2008
Chronique musicale extraite des émissions « Mix Up » du 9 et 16 mars.
1.1968 – 1974 : L'âge d'or de la musique éthiopienne moderne
 
A la fin des années soixante, un certain vent de liberté souffle sur Addis Abeba, comme sur la plupart des capitales de la planète. Pantalons pattes d'éph et mini-jupes sont portées avec fierté par une jeunesse qui, en allant danser sur du Elvis Presley dans les clubs clandestins d'Addis, témoigne de sa volonté d'ouverture au monde dans un pays fortement isolationniste et farouchement indépendant – l'Ethiopie étant un des rares pays africains à n'avoir jamais été colonisé (la présence italienne ayant été une invasion de courte durée)-.
Non loin de là, près d'Asmara (la future capitale erythréenne), Kagnew Station, la radio de la base militaire américaine de Kagnew, diffusait dans la corne de l'Afrique les derniers tubes de Wilson Pickett, James Brown et Elvis Presley...Frappés par l'efficacité du funk, de la soul et du rhythm'n blues, les musiciens éthiopiens qui jusque là officiaient dans les grands orchestres rutilants de cuivres de l'Armée Impériale, de la Police ou des grandes institutions, se mirent à former de plus petits groupes engagés dans les grands hôtels et les clubs de la capitale.

Un jeune businessman de 24 ans, Ahma Eshété, allait être celui qui porterait le coup d'accélérateur dont avait alors besoin le milieu musical éthiopien. Bravant la censure impériale, il monte Ahma Records sans autorisation et enregistre les premiers disques du swinging Addis, au premier rang desquels ceux de Mahmoud Ahmed et Alémayèhu Eshété.

Faisant presser ses disques en Inde, au Liban puis en Grèce, Ahma Eshété aura produit au total une centaine de 45 tours et quelques 33 tours en 5 ans. Bien entendu, une vingtaine d'autres petits labels virent le jour dans la même période, portant la production phonographique du pays à quelques cinq cents 45 tours et une trentaine de 33 tours.

Cette musique incroyable, fusion de rhythm'n blues, de soul, du funk, de jazz et d'un groove abyssin totalement unique en Afrique, est accompagnée de textes abordant des thèmes en apparence classiques comme l'amour et la déception amoureuse. En apparence seulement, car leur contenu verbal était truffé de double sens et autres allusions subtiles. Il paraît en effet que l'ahmarique est une langue faite pour cela, et que les Ethiopiens adorent user du double sens dans leurs conversations quotidiennes. Rappelons au passage que l'ahmarique est une langue écrite et que la civilisation éthiopienne est vieille de plus de trois mille ans.

 L'éthio-jazz, quant à lui, est une exception dans ce paysage musical où le texte est au moins aussi important que la musique. Ce style appartient avant tout au pianiste Mulatu Astatqé (rendu célèbre par la BO de Broken Flowers), et dans une moindre mesure à Gétachew Mekurya, le saxophoniste qui en Ethiopie faisait du free jazz sans le savoir (son jeu rappelle fortement celui d'Albert Ayler). 

Cette période de foisonnement culturel et musical est brutalement interrompue en 1974, à la chute du Négus et l'instauration d'une dictature militaire soi-disant socialiste, en tout cheval de troie de l'URSS en Afrique. Durant 18 ans de règne sans partage, la dictature laminera toute liberté d'expression et mettra fin à cet âge d'or.
 
Ahma Eshété, notre producteur, s'exile à Washington, la plupart des musiciens mettent un terme à leur trop courte carrière, beaucoup s'enfuient, d'autres sont arrêtés et quelques-uns, plus rares, choisissent de collaborer au régime en vantant ses mérites dans les palaces exotiques et à la télévision d'Etat.
Ainsi l'essentiel de la musique enregistrée pendant cette période, ainsi que les musiciens qui l'ont créée, seraient sans doute tombés dans l'oubli sans la ténacité d'un homme, Francis Falceto, aujourd'hui directeur artistique de la série Ethiopiques parue chez Buda Musique.

2.1985 – 2008 : la redécouverte et la continuation

Il aura donc fallu qu'un disque de musique éthiopienne tombe un peu par hasard entre les mains d'un homme, en 1985, pour que cette musique unique ait une chance d'être redécouverte. Cette homme, c'est Francis Falceto, qui est alors programmateur du Confort Moderne, l'une des premières salles de musiques actuelles, à Poitiers. Passionné autant par les musiques expérimentales que par les musiques du monde, il est tout de suite fasciné par ce disque et décide de remonter cette piste jusqu'à sa source abyssine. Il multiplie les séjours à Addis, apprenant l'ahmarique et se frottant aux réticences des Ethiopiens envers cet européen posant toute sortes de questions bizarres sur une époque révolue. Réticences d'autant plus grandes que les ethiopiens sont, selon Francis Falceto, d'un naturel très méfiant, ne se livrant pas facilement.

De fil en aiguille, Francis Falceto retrouve la trace de Ahma Eshété, alors en exil à Washington. Ensemble, ils partent à la recherche des bandes originales, mais il faudra attendre la chute de la dictature en 1992 pour retrouver la piste de ces fameuses bandes. Finalement, en 1997, elles sont localisées à Athènes et, après 12 ans de recherche opiniâtres, Francis Falceto peut envisager la réédition de ces enregistrement quasiment inconnus hors d'Ethiopie. D'autant qu'au cours de ses recherches, notre homme n'a bien sûr pas oublié d'acheter tous les vieux vinyles qu'il pouvait trouver. Ainsi la majorité des rééditions de musique éthopienne sont issues non pas des masters, mais de vieux vinyles retrouvés dans un état précaire – on imagine les nuits blanches de l'ingénieur du son -.

Toujours est-il que la série Ethiopiques a pu voir le jour en 2001 et que la série compte, à ce jour, 23 volumes, la plupart magnifiques et très bien documentés.

Cette série a eu un retentissement énorme, Jim Jarmush par exemple a construit son film « Broken Flowers » à partir de la musique de Mulatu Astatqé, l'inventeur de l'éthio-jazz auquel le volume 4 de la série est consacré.
De nombreux musiciens se sont également emparés de cette musique, par exemple The Ex (groupe de hardcore expérimental hollandais) qui partage régulièrement la scène avec le saxophoniste Gétatchew Mekurya. En France, citons les Nantais de Badume's Band, qui reproduisent très fidèlement (voire un peu trop) les standards éthiopiens ; et surtout Le Tigre des Platanes, groupe toulousain auteur d'un concert inoubliable au festival Convivencia en 2007, et qui a récemment sorti un très bon disque avec la chanteuse Eténèsh Wassié (que l'on appelle parfois la Billie Holiday éthiopienne).
Enfin, au niveau international, on peut citer les Australiens de The Budos Band (en tournée dans le sud de la France fin avril) et les Américains de Nostalgia 77 qui reprennent le tube « Musiqawi Silt » du Walias Band dans leur dernier album...

Guillermo Martinez

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Dimanche 23 Mars 2008

Chronique de l'émission MixUp du dimanche 23 mars que vous retrouvez en écoute dans cette page.

Aujourd'hui chronique positive, j'ai choisi aujourd'hui de vous parler de sexe, de cul pour les intimes. Une chronique donc interdite au moisn de 17 ans. Je vous parle de ça parce qu'une dizaine de chercheurs sous la houlette de Nathalie Bajos (Inserm) et Michel Bozon (Ined) ont radiographié la sexualité des Français entre septembre 2005 et mars 2006. 12 364 personnes de 18 à 64 ans ont été interrogées. Les premières conclusions avaient été présentées en 2007, et la semaine dernière sortait un livre aux éditions de la Découverte sur le sujet. Cette enquête, commandée par l’Agence Nationale de Recherche sur le Sida et les hépatites virales, a pour but d’aider à guider les politiques de prévention en matière de sexualité (MST, sida). Cette troisième étude sur les comportements sexuels des Français révèle une évolution de la sexualité depuis les précédentes enquêtes menées en 1970 et 1992 ; c'est sur cette évolution qu'il est intéressant de se pencher.

D'autre part il n'est pas inopportun de parler de sexualité à Kalakuta Productions, étant donné le nombre assez important de couples, ou au moins de relations, qui se sont créées lors des soirées et concerts Kalakuta. C'est assez étonnant d'ailleurs, à croire qu'il y a des ondes positives pour cela lors de ces soirées.

Actuellement dans notre société française on parle somme toute assez librement de sexe, ce qui n'a pas été le cas dans le passé, et qui n'est pas le cas non plus actuellement dans tous les pays de la planète.

Dans cette étude on voit bien que dans la pratique, les choses évoluent, et que les comportements masculin et féminins se rapprochent : par exemple pour l'âge de l’entrée dans la sexualité. On peut lire qu'« A la fin des années 50, les femmes s’initiaient à 20,6 ans soit deux années après les hommes. Aujourd’hui l’écart n’est plus que de quelques mois (17,6 contre 17,2). (...) Il y a cinquante ans, deux tiers des femmes, un tiers des hommes découvraient la sexualité avec leur futur conjoint. Aujourd’hui, ce n’est le cas que d’une personne sur 10. Cette mise en route inaugure une «période de jeunesse sexuelle, entre l’adolescence et l’âge adulte». »

En effet beaucoup de personnes passent par une période où c'est bamboula au niveau cul, on découvre des corps différents, on se créé une identité sexuelle en quelque sorte. Je trouve personnellement plutôt sain ce genre de pratique, au moins on vit une période de liberté sexuelle assumée.

Pour ce qui est des partenaires, des chiffres intéressant montrent que « 34 % des hommes et 24 % des femmes déclarent avoir eu des «relations parrallèles». » Plus curieux « 43 % et 34 % respectivement pensent que leur partenaire a un amant (ou une maîtresse). » Effectivement c'est curieux, car si ils reflétaient exactement la réalité les chiffres devraient être ici les mêmes. Mais on déclare surement plus facilement penser que son conjoint a une maîtresse ou un amant, que l'on déclare en avoir un ou une soi-même, ça fait mieux.

Alors, dans les bonnes nouvelles, en tout cas pour moi, on voit que les jeux sexuels sont de plus en plus diversifiés, on peut lire que « Plus qu’avant, les jeux amoureux et sexuels se déclinent dans différents registres. Surtout chez les femmes. En 2006, 60 % des femmes déclarent s’être masturbées (90 % des hommes). Elles n’étaient que 16 % en 1970. Elles déclarent davantage d’expériences homosexuelles que par le passé (4 % - comme les hommes - contre 2,6 % en 1992). »

Sinon, il est noté que « la fellation et le cunnilingus sont devenus des pratiques courantes (pour deux tiers des hommes et femmes). La sodomie, elle, n’est pas entrée «dans le répertoire ordinaire des couples» : 9 % des femmes et 14 % des hommes déclarent la pratiquer régulièrement. »

On apprend aussi qu' « Aujourd’hui, l’injonction d’une «sexualité épanouie» ne se mesure pas tant à la performance sexuelle mais «à la capacité de deux partenaires à s’engager dans une relation stable et satisfaisante du point de vue sexuel et affectif». C’est ainsi «le modèle de sexualité au féminin» qui se trouve peu à peu «valorisé». De fait, 44 % des femmes se déclarent très satisfaites de leur vie sexuelle. Les hommes le sont… à 35 %. » Moi qui avait toujours entendu que la plupart des femmes simulaient pour faire plaisir à leur partenaire, j'en suis tout chamboulé. 44% des femmes déclarent prendre leur pied au lit ! Génial, ça me redonne l'espoir !

Ce que j'ai noté aussi de réjouissant, c'est l'allongement de la durée de la vie sexuelle active. «Les femmes de plus de 50 ans en couple (situation de la grande majorité des 50-69 ans) sont plus actives sexuellement. En 1970, une sur deux avait des rapports sexuels avec son mari (ou compagnon). Aujourd'hui c'est 9 sur dix, c'est devenu normal».

Après, sur la fréquence des rapports, c'est là qu'en général on compare avec ses propres pratiques, on peut lire que « Parmi les 18-69 ans ayant eu un partenaire dans l'année précédant l'enquête (87,2% des femmes et 91,4% des hommes), la fréquence des rapports est de 8,7/mois (identique pour les hommes et les femmes). » Alors, chères lectrices, chers lecteurs, et vous ? Ca fait un peu plus de 2 fois par semaine... Alors le « ,7 » est difficile à trouver, je vous laisse essayer, c'est genre tu commences, les corps commencent à se tendre dans le plaisir, les râles se font de plus en plus sonores, et TOP ! On arrête ! C'est pour être dans la moyenne, on voudrait pas se marginaliser.

Bref, « Les femmes déclarent pour leur part plus de partenaires qu'autrefois (en moyenne 4,4 en 2006), mais toujours moins que les hommes (11,6, chiffre stable depuis 1970). «Les femmes ne comptent pas de la même manière que les hommes, commente Nathalie Bajos. Elles ne retiennent pas ceux qu'elles ne considèrent pas comme valorisants, par exemple ceux d'un soir. Alors que les hommes, eux, comptent tout.» Oui, c'est le bon vieux concept de valorisation masculine devant un du tableau de chasse bien garni.

Voilà, sinon un article dans le courrier international aborde cette fois le sujet du viagra. Cela fait 10 ans que la pilule bleue est arrivée dans le commerce. Pour les auteurs de l'article, « ce médicament a boulversé l'univers du sexe. Avant le viagra, l'impuissance était synonyme de honte et souvent de rupture, y compris au sein des couples les plus solides. La découverte de ce médicament et de sa capacité étonnante à restaurer la fonction érectile de certains homme a été à l'origine d'une révolution. »

La petite pilule bleue a donc ramené la joie dans bien des ménages. Dans tous les ménages ? Non. On apprend dans cet article que les conséquences peuvent être négatives. Entendez, les mecs deviennent plus performants et donc trompent plus souvent leur femmes. Il y a notamment l'histoire d'un homme de 70 ans qui s'était mis à tromper sa femme après avoir commencé à prendre du viagra. Et, à la fin de l'article, un petit bijou avec lequel je vais finir cette chronique, c'est le témoignage poignant d'une femme, publié dans le courrier des lecteurs de plusieurs quotidiens américains :

« J'ai 62 ans et je suis mère de six enfants aujourd'hui adultes. Il y a deux ans, quand j'ai commencé à voir diminuer l'ardeur de mon mari, qui a 64 ans, ce fut une immense joie pour moi. Et qu'est-il arrivé ? On a inventé un médicament du nom de viagra, et voilà mon satyre de mari à nouveau en selle. J'aime vraiment mon mari, mais j'estime avoir largement mérité du repos. Sans compter que ce médicament coûte 10 dollars le comprimé – la semaine dernière il en a pris 4... »

Je vous laisse méditer ces bien belles paroles de femme martyrisée.

Tony

Des témoignages sympas dans un article de Libération.

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